Foire Aux Questions

Quelles sont les dates et heures d’ouverture ?

L’école ouvre à 9h, avec arrivée possible jusqu’à 10h30, et elle ferme à 17h, du lundi au vendredi.
Un temps de présence de minimum 6h par jour est requis, temps de sorties et de pauses compris.

Chaque membre a la possibilité de poser un jour “off” par semaine, c’est à dire un jour, au choix, où il ne vient pas à l’école.

 

Comment cela se passe pour les repas ?

Nous fonctionnons avec des paniers repas (froids ou en boîtes thermos) fournis par la famille. Les enfants et adolescent.e.s peuvent amener de quoi cuisiner eux-mêmes après discussion commune et vérification de leur expertise du matériel. Les ateliers cuisine pourront à terme évoluer vers la création de repas communs, en fonction de l’intérêt du groupe. Au même titre que toute activité, les repas sont pris par les membres quand ils ont faim. Ainsi, il n’y a pas de « pause-déjeuner » : chacun mange quand il le souhaite !
Nous avons à cœur de permettre à chacun de respecter et suivre son rythme naturel. Chaque membre est donc libre de réchauffer le repas qu’il aura pris soin d’apporter (ou de demander de l’aide pour les plus jeunes), de cuisiner quelque chose ou de sortir acheter son casse-croûte (selon les modalités de sorties définies avec les responsables légaux).

 

Mon enfant pourra-t-il si besoin retourner dans le circuit classique ?

Arriver dans une école démocratique demande un effort d’adaptation pour intégrer les codes de cette culture – s’approprier pleinement sa liberté ne se fait pas du jour au lendemain. De la même façon, réintégrer une école « classique » demandera un effort d’adaptation. Cette reconversion devra se préparer.

 

A quoi ressemble une journée type ?

L’absence de programme a une conséquence logique : aucune journée ne ressemble à une autre ! Les enfants font ce qu’ils veulent de leurs journées, et rien ne leur est imposé. Évidemment, des activités collectives peuvent être organisées sur proposition d’un ou plusieurs membres, mais seuls les enfants intéressés y participeront.

En revanche, deux institutions rythment les journées à l’école :

  • Le Conseil de justice, qui se réunit quotidiennement à 11h pour traiter les plaintes de membres ayant constaté des manquements au respect du règlement intérieur
  • Le Conseil d’école, se tenant tous les jeudis de 13h30 à 15h30 pour administrer la vie collective (mise à jour du règlement intérieur, recrutement de nouveaux membres, etc.)

 

Est ce que les membres de cette école font des sorties ?

Les murs de cette école sont perméables, car l’on y vit aussi bien en dedans qu’au dehors. Cette école, qui abrite un écosystème vivant et dynamique, est nichée au cœur d’un autre écosystème tout aussi vivant et dynamique. Chacun peut, autant qu’il le désire, utiliser ce que la ville environnante lui offre, comme autant de richesses. Nous proposons des sorties quotidiennes ouvertes à tous les membres de l’école, qui sont libres d’y aller ou pas.

 

Quel rôle jouent les parents des enfants inscrits ?

L’École Démocratique du Bassin Stéphanois garantit à ses membres l’intimité et la confidentialité, des valeurs très importantes pour que les enfants s’y sentent en sécurité et réellement libres. Ainsi, la vie privée des enfants est protégée, et ils sont respectés au même titre que les adultes : les membres du personnel  ne divulgueront donc aucun détail concernant leurs activités à l’école sans leur autorisation préalable.

En revanche, les membres adultes s’efforcent de sensibiliser les parents au mode de fonctionnement de l’école, en organisant notamment des réunions parents-staff régulièrement et en répondant à leurs questions au quotidien. En tant que lieu de vie ouvert sur le monde, l’École DBS est heureuse de multiplier les interactions avec les personnes adhérant à ses valeurs, à plus forte raison lorsqu’il s’agit des parents de ses membres.

 

Quels sont les critères et le processus d’admission à l’école ?

En tant que structure libérée des programmes, classes d’âge et évaluations, l’école n’a évidemment aucune exigence en termes de « niveau scolaire » à l’égard de ses membres potentiels.

En revanche, il est attendu de toute personne souhaitant intégrer l’École DBS qu’elle soit capable d’assumer les deux piliers fondamentaux autour desquels elle se bâtit : la liberté et la responsabilité. Il est en effet important que les membres soient capables d’être autonomes, soient conscients de l’importance du respect du règlement intérieur construit par tous, et qu’ils prennent au sérieux les tâches qui leur incombent dans le cadre de la vie en collectivité.

L’admission définitive d’un membre enfant ou adulte est actée au bout de deux semaines de période d’essai si cette dernière se révèle concluante pour les deux parties. La période d’essai permet au nouveau membre de s’assurer que le cadre proposé par l’École Démocratique de Bassin Stéphanois lui convient, et elle est également l’occasion pour le collectif de vérifier que le nouveau membre est compatible avec le mode de fonctionnement de l’école.

 

Peut-elle accueillir des enfants handicapés ?

Notre école s’adresse a priori à tous les enfants de 4 à 19 ans, sans établir aucune forme de distinction entre eux : l’égalité en est un des piliers fondateurs. A ce titre, elle a vocation à accueillir des enfants handicapés physiques ou moteurs au même titre que tous les autres.

Fondamentalement, il n’y a qu’un seul critère d’éligibilité à l’admission au sein de l’école, pour les enfants comme pour les adultes : être capable d’assumer la liberté qui y est garantie, mais aussi et surtout la responsabilité découlant d’un fonctionnement autogéré et démocratique.

 

QUESTIONS PEDAGOGIQUES

A quoi servent les adultes dans cette école ?

Dans la mesure où l’originalité des écoles démocratiques consiste à considérer les adultes et les enfants comme des égaux, la question du rôle des premiers est légitime. Concrètement, les adultes jouent deux rôles dans l’école :

  • Ils s’occupent de la gestion administrative et financière de l’école, qui est une entreprise à tous les effets. Ils gèrent notamment les relations avec l’ensemble des institutions tierces interagissant avec l’école : rectorat, inspection, mairie mais aussi banque, assurance, partenaires et fournisseurs.
  • Ils interviennent dans le processus d’apprentissage informels et autonomes des enfants en tant que catalyseurs. Ainsi, l’enfant rencontrant des difficultés dans la réalisation des activités auxquelles il a décidé de consacrer son temps peut compter sur l’aide des adultes, qui se feront un plaisir de l’aider à trouver les moyens adéquats pour atteindre ses objectifs. Evidemment, ils veilleront attentivement à le faire sans jamais retomber dans les travers de l’éducation traditionnelle. Aussi, ils ne se comporteront jamais comme des professeurs produisant un savoir, une méthode et un rythme que les enfants n’ont ensuite qu’à ingurgiter.

 

Comment les enfants peuvent-ils apprendre sans cours et sans professeurs ?

Le modèle des écoles démocratiques repose sur une conviction qui devrait être une évidence, mais que deux siècles d’école traditionnelle ont fini par faire oublier : nous sommes tous des êtres naturellement apprenants !

Entre sa naissance et l’âge de trois ans, l’enfant acquiert une quantité exceptionnelle de savoirs et de compétences. Ainsi, il apprend à marcher, à manger, à échanger et partager avec les autres… D’ores et déjà, il s’insère dans le monde social et se dote des instruments qui lui permettront de vivre en société, et ce sans avoir besoin ni de programme, ni de professeur, ni d’évaluation !

Au sein des écoles démocratiques, le postulat est qu’il n’y a pas de raison fondamentale que le processus d’apprentissage change de forme à partir de l’âge de 3 ans. Un enfant qui apprend à maîtriser la syntaxe et la conjugaison tout seul est tout à fait capable d’apprendre à lire, écrire, compter mais également à faire des mathématiques, du théâtre ou du jardinage… sans professeur ! La vérité de l’apprentissage, c’est qu’il est nécessairement autonome et informel.

A tous les sceptiques qui ont du mal à croire à la spontanéité de l’apprentissage, nous les invitons à visionner le film documentaire Être et Devenir et consulter notre page Ressources.

 

Mon enfant ne risque-t-il pas de passer à côté d’une infinité de savoirs, sans la sollicitation d’un professeur ?

L’honnêteté nous oblige à le dire : les enfants de l’École DBS passeront effectivement à côté d’une infinité de savoirs…mais au même titre que tous les autres enfants ! En revanche, nous n’opérons aucune hiérarchisation des savoirs et sommes convaincus que tous les domaines de connaissance se valent. Ainsi, un enfant qui passerait ses journées à faire des mathématiques ne serait pas considéré comme plus intelligent qu’un autre qui préfèrerait s’adonner au jardinage ou au sport.

En revanche, les écoles traditionnelles établissent, dans la conception de leurs programmes, une distinction entre certaines choses qui « méritent » d’être apprises par les enfants, et d’autres non. Ils leur imposent donc des disciplines qu’ils n’ont pas choisies, ainsi qu’un rythme qui ne leur convient pas nécessairement. Dès lors, l’enfant n’a plus le choix qu’entre « prendre le pli » et devenir un bon élève, docile mais jamais sollicité dans les prises de décision concernant son avenir, ou s’engager sur la voie de l’échec scolaire.

Laisser choisir l’enfant lui permettra de se consacrer à ce qui le passionne réellement et d’acquérir une confiance en lui qui sera capitale au cours de sa vie.

 

Si mon enfant veut faire de l’espagnol, de la chimie ou des mathématiques, comment peut-il y arriver ?

Dès lors qu’un enfant a décidé souverainement de s’intéresser à un sujet, et qu’il ne le fait pas pour faire plaisir à quelqu’un d’autre ou par pression sociale, il arrivera nécessairement à ses fins, en déployant des trésors d’ingéniosité s’il le faut. Nous avons de plus la chance d’être au 21ème siècle et d’être situés dans une des villes les plus dynamiques au monde sur le plan intellectuel. Internet, musées, médiathèques, ludothèques, librairies… Chez nous, les moyens d’accès à l’information et au savoir ne manquent pas !

Il pourra bien sûr s’appuyer sur les membres du staff encadrant pour accéder aux informations et obtenir des réponses à ses éventuelles questions. Par ailleurs, il est tout à fait bienvenu de faire appel à des personnes ressources extérieures pouvant ponctuellement faciliter l’acquisition d’un savoir ou d’une compétence. Mais en dernier ressort, l’enfant reste maître de son apprentissage !

 

Mon enfant veut passer un diplôme : est-ce possible ?

Bien entendu ! Tout membre qui exprime le souhait de passer un examen peut le faire. Mais dans ce cas également, c’est de lui que doit émaner la volonté de passer l’examen en question, et c’est lui qui sera l’instigateur de l’effort de préparation : s’il veut passer le baccalauréat ou le brevet, c’est à lui de s’informer sur les modalités de l’examen et sur les exigences en termes de préparation, mais également d’organiser son temps pour la révision, etc.

Les membres du staff, et éventuellement des personnes ressources extérieures, seront là pour épauler le membre qui souhaite passer un examen, en partageant avec lui leur expérience et leurs connaissances. Cependant, au sein de l’école, la préparation d’un examen est logée à la même enseigne que n’importe quel autre apprentissage : celle de l’autonomie !

 

Et si jamais mon enfant décide de ne pas passer de diplôme… ?

Il revient aux parents de se poser la question : êtes-vous prêts à faire confiance à votre enfant pour prendre ses responsabilités sur sa propre vie, ou faut-il le forcer à se préparer au Bac même s’il faut en venir à la carotte et au bâton ? Notre prise de position est claire : nous faisons confiance au jeune pour impulser et persévérer dans la formation dont il a besoin pour être qui il souhaite être.

Pour une majorité des jeunes des écoles démocratiques, cela passe par le Bac et le suivi d’une formation universitaire. Le livre the lives of Subdbury alumni (2005) est un sondage de ce que sont devenus les centaines d’anciens de Sudbury-Valley. Parmi eux, 80% finissent par aller à l’université, et obtiennent habituellement leur premier choix. Il y a aussi quelques originalités, comme un créateur d’une société d’informatique qui s’est consacré uniquement à la pêche jusqu’à ses 15 ans, un professeur de mathématiques qui n’a pas suivi de leçons de maths jusqu’à son entrée à l’université, et plus récemment Laura Poitras et son Oscar décerné pour Citizenfour, le documentaire sur Snowden.

 

QUESTIONS PHILOSOPHIQUES

Ce modèle n’est-il pas utopique ? N’est-ce pas risqué de faire partie des pionniers ?

Ce genre d’école est peu connu mais n’a rien de nouveau. Dans le monde occidental moderne, les Ecoles démocratiques existent au moins depuis les années 20 (depuis Summerhill, toujours ouverte) et comptent plusieurs centaines d’exemples aujourd’hui.  Le mouvement des écoles Sudbury, fondé en 1969 par Daniel Greenberg, connaît un succès international grandissant, avec >40 écoles dans le monde.

En Europe, on compte une quarantaine d’écoles démocratiques, dont une qui a ouvert à Dijon en mai 2014: l’Ecole de la Croisée des Chemins.  En France, Bernard Collot a développé et théorisé une approche très similaire à Sudbury depuis les années 60 : école du 3ème type. Il en existe une à Paris 12ème depuis 2010: la Maison des Enfants

Est-ce un risque ? Cela dépend de nos attentes et de nos critères de réussite. Si on attend d’un enfant qu’il sache vivre dans le moment présent, entreprendre des projets personnels, apprendre à se connaître soi-même et interagir avec le reste du monde en pleine confiance, alors l’école conventionnelle est extrêmement risquée.

 

Comment les enfants qui passent par cette école s’adaptent à la « vie réelle », faite de contraintes ?

Tout d’abord, il convient de préciser que la vie d’un enfant « libre » est tout sauf une sinécure. La nécessité de s’autogérer et de bien vivre avec l’autre implique un vrai travail sur soi, à plus forte raison lorsque l’on a été habitué à être pris en main par des adultes et à ne décider de rien.

Il faut avoir atteint un haut degré de maturité pour assumer la liberté et la responsabilité garanties par le cadre de l’École Démocratique du Bassin Stéphanois. Pour cette raison, nous considérons que cette école prépare les enfants à la « vie réelle » comme aucune autre, car elle va leur permettre de développer toutes ces méta-compétences qui leur seront indispensables pour s’épanouir dans le monde de demain : confiance en soi, aptitude à la prise d’initiative, imagination et créativité, capacité à délibérer et argumenter dans un cadre collectif, responsabilité, civisme…

 

Si mon enfant s’ennuie, allez-vous l’aider à s’occuper ?

A l’École Démocratique du Bassin Stéphanois, les enfants sont traités comme des personnes à part entière. Ainsi, personne ne peut s’arroger le droit de s’ingérer dans leur vie en leur disant quoi faire. Le staff encadrant n’a donc pas vocation à assister un membre qui s’ennuierait en lui proposant des activités.

Par ailleurs, il est important de reconsidérer l’ennui à sa juste valeur. Dans un monde qui encourage puissamment les individus à trouver normal le fait d’être surchargé, au point de ne plus se poser la question du sens de leurs activités, il nous semble vital au contraire de réapprendre à prendre le temps.

Dans cette perspective, la réflexion et la prise de recul permis par l’ennui sont un véritable trésor dont nous devons tous apprendre à profiter. Les idées les plus pertinentes naissent dans les esprits sereins et désencombrés !

 

Les enfants de cette école ne sont-ils pas des enfants rois ?

L’École DBS n’est pas une école ou l’on fait « tout ce qu’on veut ». La liberté dont jouissent les membres au quotidien va nécessairement de pair avec une certaine forme de responsabilité, dans le respect du principe général selon lequel « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

L’originalité de cette école est que le règlement intérieur régissant le vivre ensemble n’est pas imposé aux enfants par des adultes réputés plus compétents et intelligents. Il est au contraire le fruit d’une réflexion collective perpétuelle qui se matérialise à travers le conseil d’école hebdomadaire : chaque membre peut y formuler des propositions de nouvelles règles ou de modification de celles déjà existantes.

En tant qu’il est construit par le collectif dans son ensemble, le règlement intérieur est perçu comme légitime par les enfants, qui veillent par ailleurs à ce qu’il soit respecté par tout le monde au sein de l’école. Aux antipodes de l’image d’Epinal de l’enfant roi, les membres de l’École Démocratique du Bassin Stéphanois sont donc de véritables citoyens, sensibilisés aux enjeux de la vie en société dès leur plus jeune âge !

Les questions et réponses ci-dessous sont en majorité reprises du site de l’École Dynamique de Paris et de l’École démocratique de Paris.